Découvrez les textes des autres spectacles vus par les élèves de terminale de Camille Claudel
La Belle, dernière pièce de Nasser Martin-Gousset
Une certaine envie de s’amuser avec l’esprit des comédies musicales, de parodier les contes ? Nasser Martin-Gousset nous offre dans La Belle une réécriture du conte La belle au bois dormant, version comédie musicale parodique. Un pari plus ou moins bien relevé. Le décor est encombrant : un trop grand lit au milieu de la scène, une toile de fond montrant des images de château, de ronces. A droite, une table ronde portant un château miniature, à gauche un trop grand rideau servent d’entrée et de sortie, mais prennent beaucoup trop de place – et en laissent peu, a priori, pour la danse.
La chorégraphie n’offre rien de nouveau, de vraiment original. Les danseurs (le roi, la reine, le prince, la sorcière, les deux princesses, principale et secondaire) effectuent des pas souvent simplement repris de comédies musicales ou de scènes de Walt Disney, sans être suffisamment stylisés. Enfin l’humour ne parvient pas, en fin de compte, à donner du cachet à une pièce écrasée par l’excès : bébé qui sort comme par magie du lit parental, sorcière abusivement érotisée, gestuelles et expressions surjouées. Un spectacle caractérisé par le trop, tout en offrant trop peu de plaisir… Un point positif à retenir cependant : le spectacle vise non seulement un public averti, mais également les enfants, qui, eux, apprécieront sans aucun doute La Belle.
Sandy Ricard
UN DERNIER HOMMAGE A LA CELEBRE CHOREGRAPHE ODILE DUBOC ET A SES «TROIS BOLEROS»
C’est pour rendre un dernier hommage à la célèbre chorégraphe Odile Duboc, que le Centre Chorégraphique National de Belfort a souhaité réunir une dernière fois tous les danseurs de la défunte chorégraphe le Mercredi 26 Mai 2010 à 20h30. En effet ayant dirigé cet établissement durant 18 ans, cet hommage est également un grand remerciement à cette artiste pour ses nombreuses années de travail acharné.
Au programme… «Les trois boléros». Sur cette célèbre musique de Maurice Ravel, Odile Duboc a su faire de sa chorégraphie une véritable œuvre d’art composée de trois tableaux biens distincts les uns des autres. Cette pièce pour 21 danseurs d’une durée de 1h10 plonge le spectateur dans une monotonie somptueuse et captivante, que ce soit par le mouvement autant que par la musique. Le premier boléro nous présente 10 danseurs qui nous donnent une impression de détachement total les uns par rapport aux autres, avec des déplacements lents, droits et orientés. Chacun évolue de son côté avec une fluidité sans égale, entièrement répartis sur un espace scénique délimité par des bouts de tissus. Mais nous ne pouvons nous empêcher de porter notre attention sur des portés et des duos qui viennent établir des relations parfois éphémères et inattendues entre les danseurs. Tout cela souligné par des regards davantage fixés dans le vide que portés sur le visage des autres danseurs, ce qui renforce cette impression de voir défiler sous nos yeux 21 solos… mêlés et rattachés les uns aux autres par des duos et des contacts entre danseurs.
Vient à la suite de ce premier boléro une seconde interprétation bien différente de la première. Nous avons ici à faire à un duo, un homme et une femme, qui se mêlent et se démêlent par tous les moyens possibles et imaginables sans jamais se séparer. Contrairement à la première interprétation, ce duo établit ici une relation extrêmement charnelle voire même sensuelle entre ces deux êtres. Ici, plus de marche ; les deux artistes ne se déplacent que très peu, si ce n’est que par le fruit de leurs mouvements à la fois lents et fluides, qui petit à petit amènent à un léger déplacement au sol. Et pour finir, un troisième boléro vous sera présenté, cette fois avec 21 danseurs sur scène. La simplicité des mouvements et cet ensemble de danseurs répartis en plusieurs groupes vous transporteront par leurs mouvements d’ensemble, leurs grâce, ainsi que par le lien qu’ils établissent avec la musique du célèbre Boléro de Ravel, ici repris 3 fois ; par l’Orchestre Symphonique de Londres pour le premier Boléro, puis par l’Orchestre Symphonique de la Rai de Milan pour le second puis par l’Orchestre Philharmonique de New York pour le dernier de ces trois sublimes Boléros… Alors : «Avis aux amateurs» !!
Camille Conan

